Nouvelle sur New Vegas [spoil]

Tout ce qui tourne autour de New Vegas et qui n'est pas du domaine de la Traduction et du côté technique du Modding.
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malhuin
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Re: Nouvelle sur New Vegas [spoil]

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New Reno 6 : bataille de Hidden Valley (deuxième et troisième jour)

Les combats de la nuit avaient tourné en défaveur de la RNC. Sans le soutient de l’artillerie, une nouvelle fois à court d’obus, la contre-attaque de la Légion nous a repoussé jusque sur les rives de Frenchman Lake.
Les combats de la matinée ont été une répétition de ceux de la veille. Il nous a fallu mitrailler les murailles pendant des heures pour museler progressivement la défense des légionnaires. La porte d’entrée a été la première dégagée. Un tank a alors pris position de l’autre côté du passage pour nous couvrir.
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J’ai escaladé un plan incliné menant au mur et j’ai été arrêtée par la résistance acharnée des défenseurs. Je passais l’essentiel de l’affrontement à courir d’un abri à un autre, lancer quelques rafales, reprendre mon souffle et recommencer. La défense des hommes de Caesar nous coûta un tank et un buggy. De son côté, la Légion perdit un char. Cependant, nous les repoussions et les combats gagnaient en intensité au fur et à mesure que nous nous rapprochions des obusiers.
Grace à une attaque en tenaille nous avons pris les positions d’artilleries. L’avance a ensuite repris mais il y a eu une contre attaque violente. Nous étions bloqué au milieu des obusiers et l’ennemi nous faisait face a seulement quinze mètres. On faisait face à un tir nourri des légionnaires qui occupaient un réseau de tranchés entre nous et les canons antiaériens. De plus, d’autres ennemis attaquaient sur les deux flancs.
J’ai tué un nombre incroyable d’ennemis. Ils arrivaient de partout et nous nous sommes retrouvés à combattre au contact. La contre-offensive s’est finalement épuisée à la tombée du jour, il ne restait plus beaucoup de survivants parmi les Californiens. En fait, il y avait tant de corps au sol que l’on avançait sur un tapis de cadavre… horrible !
Notre avance a été contenue pendant presque toute la nuit, mais nous avons continué à attaquer. Chaque fois que nous menacions les tranchés, une contre-attaque nous repoussait jusqu’aux obusiers.
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Je tuais deux Griffemorts de la Légion au cours des combats de la nuit.
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Je viens en aide à ED-E qui affronte un légionnaire au milieu des obusiers.

L’aube pointait lorsque nous nous sommes enfin emparés des canons anti-aériens. C’était le signal que le major Carpenter attendait depuis deux jours. Un vertiptère est soudain apparu au-dessus du champ de bataille et a lâché une nuée de roquettes sur le camp ennemi. Les explosions s’apaisaient à peine que d’autres engins se posaient dans nos lignes pour débarquer des renforts de soldats et de Rangers.
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Cependant, la Légion ne lâchait pas prise. Un transport de troupes mena une contre-attaque que nous avons réussi à arrêter en dépit de lourdes pertes de part et d’autre. Malheureusement, ce n’était qu’une première vague d’assaut et l’infanterie de la Légion déferla sur nous en groupes serrés hurlant.
Nous fûmes culbutés jusqu’aux positions d’artilleries, reperdant les canons anti-aériens. Nous nous sommes reformé dans l’intention de réattaquer mais la légion ne nous en laissa pas le temps. Ils étaient déjà sur nous. L’affrontement repris avec encore plus de violence ! Nos tentatives pour avancer étaient toutes repoussées. La Légion nous envoya un char, mais nous réussîmes à le détruire. Les attaques d’infanterie se succédèrent pendant des heures. C’était de la démence… à l’aube il y avait déjà un amoncellement de corps entre les tranchées et les positions d’artilleries… et les gens continuaient à venir mourir sur cette bande de terre de seulement vingt cinq mètres de large.
Finalement, ils nous repoussèrent de la position des obusiers. Je couvrais la contre-offensive de la RNC à la mitrailleuse. Un tank et un 4X4 blindé nous avaient rejoints et participèrent à la contre-attaque. Nous avons repris les positions d’artilleries mais la poursuite de l’offensive se heurta à une défense acharnée. Les blindés flambaient dans le no man’s land et la légion continuait à envoyer des marées de combattant à l’assaut… comme s’ils en avaient des réserves inépuisables. Finalement, le troisième tank envoyé à l’assaut perça nos lignes. Ils ont repris les positions d’artilleries et même les murailles.
Leurs pertes étaient monstrueuses mais ils continuaient à nous envoyer des tanks et des fantassins. A présent, la Légion essayait de franchir le Frenchman Lake pour menacer notre camp. Mais l’artillerie de la RNC se déchaîna sur leurs rangs, couchant les formations, détruisant les blindés. En un quart d’heure se fut fini…
Au soir du troisième jour de la bataille, les survivants de la RNC s’avancèrent au milieu du camp de la légion complètement dévasé. A part quelques poignées de légionnaires qui lancèrent des assauts suicides la seule résistance fut dans le camp de la garde prétorienne autour de la tente du préfet Aelius.
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Un vertiptère attaqua en premier balayant les rangs des légionnaires. J’ai ramassé une mitrailleuse sur un cadavre et je suis entrée dans la tente d’Aelius accompagnée seulement d’ED-E et de Veronica. Le préfet est mort à ce moment… mais son garde du corps avait tué Veronica….
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Quelric
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Re: Nouvelle sur New Vegas [spoil]

Message par Quelric »

Non pas véronica !
:pleure: :pleure: :pleure:

J'espère qu'elle aura droit a un belle enterrement
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malhuin
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Re: Nouvelle sur New Vegas [spoil]

Message par malhuin »

En fait, la campagne de New Reno est une victoire majeure de la RNC, même si personne ne dirait qu'elle a été obtenue facilement.

Outre la victoire stratégique d'avoir repris New Reno et repoussé la Légion, les Californiens ont anéanti la 5ème cohorte.

Cependant, une fois sorti des congratulations, il y a une suite de points noirs. D'abord, la Légion a réussi à prendre New Reno et a même été capable d'entrer en Californie pour menacer directement la capitale de la RNC ! C'est très mauvais pour le moral des gens de la région ! Deuxièmement, les pertes de la RNC ont été très lourdes.

Au final, la victoire de la RNC est une victoire à la Pyrrhus. Tant que les Californiens ne reçoivent pas de renforts ils ne peuvent juste tenir New Reno et fermer la frontière vers la Californie. Pendant ce temps, la Légion continue de recruter des membres plus vite que la RNC et elle a montré qu'elle pouvait même relancer des usines pour produire un matériel de guerre de meilleur qualité.
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malhuin
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Re: Nouvelle sur New Vegas [spoil]

Message par malhuin »

Révélation : première partie

J’étais en train de visiter le sud du Mojave lorsqu’un appel de l’ambassadeur Crocker m’a demandé de le rejoindre. Après un peu plus d’une journée de marche, je débarquais dans son bureau. En fait, il avait une nouvelle mission pour moi… pas étonnant, je travaille gratuitement ou presque… L’ambassadeur m’a avoué que l’ordre venait du président Aaron Kimball. Ce dernier s’inquiète du passage à New Vegas d’un personnage peu aimé du gouvernement. Il s’agit du révérend Montrainer, un télévangéliste de San Francisco qui critique ouvertement à la politique de la NCR.
Montrainer s’oppose en particulier au rattachement du Mojave à la RNC à cause de New Vegas… « La nouvelle Babylone ». Monsieur House ne l’aurait jamais toléré en ville… mais depuis sa mort la sécurité c’est relâchée. Ma mission est donc d’entrer dans L’Ultra-Luxe et réussir à obtenir une place à la conférence que le révérend doit donner. La RNC a déjà un agent collé au basque de Montrainer, sous la couverture d’un détective privé du nom de James Barnes.

Ma petite enquête m’a d’abord menée auprès de Walter Phebus, un petit propriétaire de ranch en danger d’être ruiné par un magnat des brahmines en gros du nom de Herck Gunderson.
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J’ai appris en discutant avec lui, quelle était la situation des petits éleveurs… et de la République de Nouvelle Californie en général. En gros, tous les postes de la « démocratique » Californie sont détenus par l’aristocratie ploutocratique des grands éleveurs. S’ils ne prennent pas eux-mêmes les postes, ils payent les campagnes de politiciens tout entier dévoués à leur intérêt. Selon Phebus, le petit peuple n’a pratiquement aucun pouvoir. C’est comme ça dans le pouvoir civil, mais aussi à l’armée. Les officiers viennent de l’aristocratie des brahmines, les simples soldats sont des conscrits levés dans la population.
Beaucoup de gens parmi la population la plus pauvre suivent aveuglément L’Eglise de la Révélation du révérend Montrainer. J’ai demandé à Walter Phebus quel était la doctrine de cette Eglise, mais je n’ai pas vraiment compris la réponse… ou alors je suis idiote ou alors le révérend promet que Dieu va intervenir directement, détruire la « Nouvelle Babel » et punir la RNC pour « s’être vendue au culte de Mammon » ! Mammon… d’après mon pipboy c’était le démon de l’argent.
N’étant pas chrétienne, j’ai du mal à suivre… mais s’il y a une chose dont je suis sûre c’est que Dieu n’est jamais intervenu directement pour détruire peuples ou ville qui l’aient mécontentés (à part dans la Bible). L’histoire de l’humanité est cependant remplie d’illuminés qui ont prétendu que Dieu allaient venir purifier le monde des méchants. Mais la seule apocalypse qu’aient connu l’humanité ne doit rien à Dieu et beaucoup à des ogives nucléaires fabriquées par des mains bien humaines. J’aurais pensé que cette manie pharisienne d’appeler l’apocalypse sur ses voisins en se croyant bien protégé par sa perfection serait passée après la Grande Guerre. Encore une fois, je vois que quelque chose d’aussi secondaire… de l’ordre du détail… que l’extermination de 99% de l’humanité n’a pas réussi à changer les survivants.
Enfin, j’ai repris ma discussion avec Phebus sur des sujets plus concrets. Il fait parti d’un comité de petits éleveurs qui se sont associé pour essayer de résister au cartel de Herk Gunderson. Le magnat des brahmines s’efforce de racheter les petits ranchs pour faire de grandes parcelles. Il propose de les acheter à viles prix. Si les gens n’acceptent pas, il envoie ses hommes de mains détruire le matériel agricole, casser les poignets ou les dents des propriétaires, jusqu’à ce qu’ils cèdent. Evidemment la police ne fait rien, mais le révérend a parlé dans ses émissions TV des méthodes de Gunderson. Il a fait le déplacement à New Vegas pour dénoncer l’accord que la Société du Gant Blanc (propriétaire du casino Ultra-Luxe) veut passer avec Herk Gunderson pour fournir la ville en viande de brahmine.
J’ai eu beau essayer d’expliquer à Walter Phebus que la ville de New Vegas est en plein désert, que la viande est rare et chère, il ne m’a pas écouté. Peu lui importe qu’un accord sur la viande de brahmine profite à la population misérable de la ville, tout ce qu’il voit c’est que son ennemi juré va se faire de l’argent sur cette affaire. Phebus m’a avoué que tout ce qu’il souhaitait c’est qu’il arrive quelque chose de terrible à Gunderson, quelque chose qui brise sa vie et le fasse énormément souffrir.
Je ne crois pas qu’il puisse ressortir quelque chose de positif de ce mélange de haine(Phebus), de fanatisme religieux (Montrainer) et de désir d’argent forcené (Gunderson)… Et ce qui m’énerve plus encore c’est de voir importer ici, à New Vegas, ce qui est fondamentalement un conflit entre californiens. Comme s’il n’y avait pas assez de problèmes simplement avec ce qui se passe dans le Mojave !
J’ai trouvé Herk Gunderson au bar de l’Ultra-Luxe, accompagné d’un garde du corps. J’avais à peine commencé la discussion qu’il me demandait si je savais où trouver son fils, Ted Gunderson. En fait, il a disparu juste après son arrivée et le père commence à s’inquiéter.
Je suis allé parler à Marjorie, la chef de la Société du Gant Blanc. Elle tient elle-même l’accueil du restaurant « Le Gourmant ». Je lui parlé du révérend Montrainer et de Ted Gunderson. Elle m’a confirmé que le télévangéliste avait loué la salle de conférence, mais toutes les places ont été vendues. Comme j’insisté, Marjorie a répliqué que je pouvais peut-être racheter une place auprès d’un des acheteurs. Pour l’absence de Ted, il y a d’abord eu une incompréhension. Marjorie a réagi au terme de « disparition » avant même d’entendre le nom et immédiatement répliqué au sujet d’une autre histoire, une jeune mariée portée manquante un mois plus tôt. Lorsque j’ai précisé que je cherchais le fils d’Herk Gunderson, elle a eu un instant de trouble. La nouvelle ne lui était pas parvenue, visiblement. Elle m’a conseillé de contacter le détective privé James Barnes qui enquête sur le cas de la jeune mariée. Il est hébergé dans l’hôtel. Or, ce détective privé est… un agent secret de la RNC, l’homme même que je dois contacter à propos de l’enquête sur Montrainer.
Malheureusement, l’occasion d’en apprendre plus me sera refusée. J’ai trouvé Barnes assassiné dans sa chambre. En fouillant son logis, j’ai trouvé deux choses intéressantes. D’abord une pochette d’allumette avec le logo du restaurant « Le Gourmant » qui portait un message laconique : « Sauna 4 PM ». j’ai également trouvé deux places pour la conférence de Montrainer. Seulement, avant que je ne sorte deux membres de la Société du Gant Blanc en smoking et masque me sont tombés dessus armé d’une cane. Je les ai abattu sans peine, ayant introduit en fraude Maria (mon pistolet niellé d’argent) et ED-E ayant toujours son armement intégré.
Je me suis rendue au sauna à quatre heures de l’après-midi. Le contact était un autre membre de la Confrérie du Gant Blanc, Chauncey.
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Il m’a appris que certains membres de la Confrérie étaient des cannibales et que le cuisinier du Gourmand, le chef Philipe voulait accommoder Ted lors d’un prochain repas ! Les cannibales seraient dirigé par Mortimer, le réceptionniste de l'hôtel, son but est de le servir aux membres de la Confrérie puis de leur révéler ce qu’ils avaient mangé… pour les convertir à l’anthropophagie. La Confrérie du Gant Blanc réunit les membres les plus riches et les plus influents de la ville qui paient leur place, mais aussi un petit nombre de bons samaritains qui ont reçu leur place en récompense de leurs bonnes actions à New Vegas. De plus, se sont les responsables de l’approvisionnement de la ville.
L’homme m’a proposé un plan, délivrer Ted puis servir un fac-similé du repas prévu par le chef (sans viande humaine bien sûr). Puis lorsque tous seraient réunis et que la « vérité » serait révélée, montrer Ted à tous et dénoncer l’imposture.
Le contact s’est évidemment inquiété que ce soit moi qui l’ai contacté. J’ai donc expliqué que Barnes avait été assassiné et que j’avais de peu évité le même sort… je n’ai pas pu en dire plus. Un assassin professionnel armé d’un cal .22 à silencieux a surgit pour l’abattre. J’ai évité de peu le même sort.
Il faut que je sauve le pauvre Ted qui serait détenu près de la cuisine du Gourmand, Philipe ne jurant que sur les produits frais.
J’ai réussi à convaincre Marjorie de prendre ma candidature comme membre de la Société du Gant Blanc. Puis je suis allé à la cuisine pour parler à Philipe… Il ressemble à une parodie de français vu par les Américains : arrogant, exaspérant et croyant tout savoir mieux que tout le monde. Pour un peu je me serais cru dans une série télé d’avant-guerre… Mais le plus grave c’est qu’il est complètement fou et cannibale.
Le monde a vraiment viré à la démence depuis la Grande Guerre. Après un gang d’adorateur d’Elvis, des barbares qui se promènent habillé en pseudos romains, des copies pas du tout conformes de Mongols, je pensais avoir tout vu. Mais voilà que les chefs français trois étoiles de restaurant pour gourmets raffinés trouvent que le cannibalisme c’est tendance.
Décidément, le soleil tape trop fort dans le Mojave !
Enfin, c’est une chance que Philipe soit aussi vaniteux. C’est le genre de personnage le plus facile à manipuler. Je me suis fait passer pour un éditeur du Mojave désireux de publier ses recettes : gloire, célébrité et… 50% du pactole récolté à la vente des livres. Il n’a pas marché, il a couru. Philipe m’a cédé un livre de recette.
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Reste à me débarrasser de lui et préparer un plat de substitution. L’homme était si instable qu’il m’a été aisé de le déstabiliser en remontant la source de ses problèmes à son enfance… merci docteur Freud.
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Philipe est parti réfléchir sur sa vie et m’a confié la cuisine. Je vais pouvoir devenir à mon tour un grand chef.

Dans le livre de recette, j’ai trouvé quelque chose d’intéressant une tentative de Philipe pour recréer le goût de la viande humaine grâce à une méthode de cuisson. Voilà un plat anodin qui pourrait parfaitement tromper des anthropophages raffinés. Une fois le plat terminé, je l’ai fait livrer sans problème. J’ai ensuite délivré Ted dans une réserve voisine.
Tout à marché selon le plan… Mortimer, celui qui voulait convertir tous les autres membres de la Société du Gant Blanc à son idéal de cannibalisme distingué s’est empêtré dans ses phrases. La vue de Ted vivant a détruit toute sa manipulation.
J’ai ensuite ramené Ted à son père. J’ai eu un peu de mal à calmer Herk Gunderson. Il voulait faire un blocus sur la ville pour affamer sa population…
Une fois ceci fait, je suis allé assister à la conférence du Révérend Montrainer.
Tsss ! L’Amérique ne change pas ! Un humoriste a dit que le seul art inventé aux Stades était le télévangélisme. Je trouve désespérant qu’un homme ait fait tous le chemin jusqu’à Vegas juste pour sortir un pot pourris d’imprécation hystérique contre la « nouvelle Babylone », la « nouvelle Sodome » et là-dessus d’enchaîner sur la vengeance divine qui fera s’effondrer le Lucky 38 comme elle détruisit la tour de Babel. Il a terminé en disant que Dieu enverrait bientôt un signe de sa divine colère.
Rétrospectivement, je frissonne à ce qui se serait passé si je n’avais pas empêcher le diner d’honneur de Ted (où il se serait trouvé du mauvais côté des couverts). Dans le climat d’horreur qui aurait déferlé sur la ville, le discours de Montrainer aurait pris une dimension mythologique, faisant de lui une sorte de prophète. Qui aurait alors pu douter que cette ville soit vraiment l’antre du pêché ? Avec Gunderson et Montrainer déchaînés contre New Vegas, la RNC aurait été obligé d’abandonner la ville… à Caesar.
Tout ça tombe trop bien, je ne crois pas aux coïncidences. J’ai l’impression que quelqu’un a organisé tout ça.
Je suis allé voir Beni-oui-oui pour lui dire que j’ai réussi à mettre fin au cannibalisme de certains membres de la Société du Gant Blanc.
L’ex-ordinateur de House m’a félicité et m’a annoncé que le président Kimball allait faire un tour au barrage Hoover pour remonter le moral de ses troupes. House avait prévu que Caesar le fasse assassiner. Il faut absolument empêcher cela car Kimball doit servir de bouc émissaire de la mauvaise politique de la RNC dans le Mojave. S’il meurt, les politiciens de Californie n’hésiteront pas à condamner froidement New Vegas.
Heureusement, il me reste encore du temps pour me préoccuper de ça. Je suis retourné auprès de l’ambassadeur pour lui faire part de mes doutes. Il a acquiescé. En fait, Barnes n’est pas le seul agent des SR de Californie à enquêter sur Montrainer. La mariée disparue sur laquelle l’agent secret/ détective privé enquêtait était un membre de l’Eglise de la Révélation… officiellement. Mais en fait les deux jeunes mariés étaient eux aussi des agents de la RNC. Il y a donc plus beaucoup de doute qu’il y ait eu un complot pour faire sortir au grand jour le cannibalisme des membres du Gant Blanc au moment du sermon de Montrainer.
Crooker m’a confié une nouvelle mission. Caesar veut lancer une nouvelle offensive dans le nord du Nevada. Il faut impérativement couper ses lignes de ravitaillement… Même pas le temps de se reposer… quelqu’un peut-il me rappeler pourquoi je fais tout ça ?
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malhuin
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Message par malhuin »

La Piste

Après ma dernière enquête et son heureuse conclusion, j’allais voir l’ambassadeur Crocker pour lui en confier les résultats. Il acquiesça avant de me dire que mes conclusions étaient probablement exactes. Quelqu’un manipulait le Révérend Montrainer et les SR californiens se doutaient de qui était ce « quelqu’un » !
Il soupira et me dit que l’enquête pouvait attendre un moment, la situation dans le nord du Nevada redevenait inquiétante. Après la récente victoire de la RNC devant New Reno, la Légion a ouvert une nouvelle route de ravitaillement pour ses forces. Sur une carte, l’ambassadeur me montra le parc national de Bryce Cañon, non loin de Zion. Une offensive doit être lancée ici pour couper la dit route et empêcher l’ennemi de pouvoir avancer.
Comme d’habitude… je suis volontaire pour aller au casse-pipe…

Comme d’habitude aussi, le magnifique plan des officiers de l’aristocratie des brahmines se heurte à un problème de taille. Le territoire et la carte se révèlent deux choses bien différentes… Ainsi la jolie ligne jaune de la route 12 se révèle un passage sinueux, ravagé par le temps, les glissements de terrain et les éboulements. Pontonniers et éléments du génie ont toutes les peines à établir un chemin et… ce passage praticable est si encombré que camions et blindés y forment des bouchons monumentaux.
Malgré ces « atouts » mis entre nos mains par des généraux bien au chaud à New Reno, l’effet de surprise nous permet d’obtenir une succession de petites victoires. Lassée de marcher au milieu de la cohue, je quittais rapidement le gros des troupes pour œuvre en solitaire par un étroit sentier de montagne. Les éclaireurs avaient trouvés un pont suspendu qui enjambait un canyon secondaire. De l’autre côté il y avait un petit bunker de la légion… mais les éclaireurs l’avaient trouvé à l’abandon. Probablement parce que les occupants avaient été rappelés pour défendre la ville de Tropic, assaillie par nos avant-gardes. Je passais par là et me retrouvais dans un paysage qui rappelait beaucoup Zion, il y avait une haute herbe verte et des arbres… ils me servirent bien pour me dissimuler aux patrouilles de la Légion et semer la mort au fusil à lunettes.
J’éliminais assez de monde pour provoquer une certaine panique et gagnais un ancien complexe touristique dominé par une tour de ranger du parc. Elle leur servait autrefois à localiser les départs d’incendie, moi je trouvais que c’était un poste idéal pour un sniper et relançait mon petit jeu.
Bientôt des blindés et des troupes de la RNC me rejoignirent. La bataille dans la vallée ayant tourné en leur faveur. Mais les combats devinrent plus ardus et agressifs tandis que la résistance de la Légion se raidissait.
Je passais le reste de la journée à livrer ce qu’il est convenu d’appeler une « embuscade prolongée ». Nous avions pris au piège des renforts de la Légion… mais les hommes de Caesar recevaient constamment des renforts. Tous les véhicules passaient par la route et seule l’infanterie fit quelques efforts pour nous prendre par le flanc. De notre côté nous recevions aussi des renforts, nos blindés affrontaient les leurs dans l’étroites routes de montagne tandis que les fantassins se joignaient au postes d’embuscades.
A un moment, les Légionnaires réussirent bien à nous repousser et le combat recula jusqu’à un bunker avancer. Notre propre contre-attaque renvoya l’ennemi dans la montagne… et les choses finirent par se stabiliser.
Je passais mon temps un peu à l’écart du combat proprement dit, tirant au fusil gauss sur les véhicules et au fusil d’assaut sur les fantassins. Je fus rarement engagée à courte portée et donc blessée qu’une seule fois. L’embuscade prolongée est une forme de combat étrange qui nécessite de passer des heures au même endroit à tirer chargeur sur chargeur. Et mon récit reste peu impressionnant… cela dit, ce fut une des batailles les plus sanguinaires auquel j’assistais. En seulement une journée de combats, la RNC perdit plus de sept cents hommes et la Légion plus encore. Dès le lendemain, la RNC abandonna les lieux et n’y revint plus jamais.
Avec une telle note de boucher, même nos splendides généraux comprirent que se battre sur un front de deux mètres de large avec des effectifs importants n’était pas une très bonne idée. Vous savez, ils finissent toujours par prendre la bonne décision... c'est juste qu'il leur faut plusieurs essais et qu'ils n'écoutent jamais l'expérience des autres.

Bataille de Bishop
Le vertiptère venu me chercher à Bryce Canyon ne me ramena pas à Vegas, mais à Bishop (Californie). Si vous ne savez pas où c’est, reliez mentalement New Reno et New Végas. Un peu à l’ouest du milieu de cette ligne se trouve Bishop.
Son intérêt vient justement qu’elle se trouve en Californie et à mi chemin des deux seules villes rentables du Nevada. Caesar a lancé un assaut depuis les Monts Shoshones pour couper la seule route entre les deux villes à l’est de la Sierra Nevada. Ainsi, Caesar obtiendrait l’avantage indéniable de pouvoir faire circuler plus vite ses troupes entre les deux centres vitaux du Nevada lui permettant de concentrer ses forces plus vite sur une cible ou d’amener ses réserves deux à trois fois plus rapidement que la RNC. Napoléon disait déjà que l’on gagne une guerre avec ses pieds. Et plus de deux mille ans plus tôt Sun Tsu avait déjà fait la remarque qu’avoir des troupes plus rapides c’était comme avoir plus de troupes.
J’arrivais à Bishop alors que la bataille était déjà engagée depuis quelques heures. La RNC venait d’arrêter la première offensive de la Légion sur sa ligne de défense principale, une succession de tranchées bétonnées renforcées de blockhaus armé de mitrailleuses et de canons sans recul. Les réserves formées d’une impressionnante phalange blindée s’ébranlèrent dans un bruit assourdissant de chenilles et de moteurs d’une cylindrée digne de petits bateaux.
Lors de la bataille de Shaddy Sand, une blitzkrieg à la Renard du Désert avait complètement écrasée une des meilleures unités de Caesar. Mais on ne saurait reprocher au dictateur de commettre souvent deux fois la même erreur. Il apprend vite et le démontra une nouvelle fois ce jour là. Faisant reculer sa force principal, il envoie son aile gauche nous prendre de flanc. Les ordres dans ma radio m’expédient sur place.
Vu la taille du champ de bataille, j’arrive hors d’haleine. J’assiste cependant de loin à un impressionnant bombardement d’artillerie qui écrase les Légionnaires qui ont pris pied dans un petit village. L’infanterie de la RNC sort de ses retranchements au sifflet des officiers et se précipite à l’attaque pour écraser des ennemis encore sous le choc.
Les combats sont déjà terminés quand j’arrive sur place. Dans mon écouteur, une nouvelle suite d’ordres et de consigne m’envoient à nouveau plus loin. La situation est si fluide sur le champ de bataille que les affrontements se gagnent où se perdent en quelques minutes.
J’avance jusqu’à une colline surmontée d’un bunker. A droite et à gauche passent des véhicules amis… Je ne vois pas d’ennemi, mais mon pipboy perçoit des échos rouges. Surtout il y a ce fracas de bataille, tirs de canons, armes automatiques, hurlements. Plusieurs tanks de la RNC viennent de détruire un équivalent de la Légion et bombarde un hameau à moitié enterré sous le sable. Dans mes jumelles je ne vois que les champignons de sable soulevé par l’explosion d’obus et les éclairs d’armes automatiques… Je lâche mes jumelles et entre dans le bunker pour balayer le terrain dans la viseur de mon fusil d’assaut. Je vois un légionnaire l’espace d’un instant, mais il a déjà disparu derrière un pan de mur et mes balles sifflent rageusement.
Et puis soudain c’est l’enfer. Les canons de la Légion piétinent nos positions. Heureusement des mètres de bétons nous protègent et l’orage de feu et d’acier passe sur nous sans nous faire plus que quelques blessés. La préparation d’artillerie n’est que le prélude à une attaque en règle. Les légionnaires avancent par petits groupes, abrités derrière des chars qui tirent sur nous, des obusiers de la légion les soutiennent en nous expédiant des obus en tir tendus.
Lorsque l’infanterie arrive à portée, je n’ai aucune peine à défendre mon bunker. Tous les légionnaires qui approchent s’effondrent avant d’atteindre le fossé anti-char.
L’assaut ennemi s’essouffle. Les canons sans reculs pulvérisent les chars et même les obusiers ne peuvent transpercer notre épaisse cuirasse de béton armé précontraint. Les ennemis ont reflué… une simple retraite pour se reformer, car une nouvelle fois l’artillerie s’est déchaînée sur notre secteur.
Un long moment l’affrontement s’est éloigné du fait d’une contre-attaque virulente de la RNC. Je suivais à la jumelle l’affrontement au milieu des collines de rocailles, des ruines des hameaux et des geysers de sables nés des échanges d’artilleries. De temps à autre je tirais au fusil gauss sur des tanks ennemis. Mais petit à petit l’offensive ennemie a repris. Les tanks ennemis se sont avancés et je suis allée poser quelques mines dans la brèche que le précédent bombardement avait ouvert dans le périmètre. Ce fut judicieux car j’éliminais plusieurs véhicules ennemis et plus encore de fantassins grâce à mon lance-grenades.
Ce ne fut qu’un mince succès, car sur l’aile droite la Légion avait percé. Le QG rappelait ses hommes de l’aile gauche pour colmater la brèche et détruire les troupes déjà entrée. Je me retrouvais par mi les rares à rester sur place. Je continuais à poser des mines qui furent meurtrières pour les tanks, tuait les fantassins au fusil à pompe et endommageait sévèrement un tank au lance-missile… L’engin était sur le point de me tuer lorsqu’un char ami l’attaqua et l’acheva.
A force de persévérance, la RNC réussit à rejeter l’ennemi hors de son périmètre de défense et à reprendre les fortifications. La légion riposta par un lourd bombardement. Alors que je me jetais dans le plus proche bunker, je vis un vertiptère de légion s’écraser dans nos lignes et exploser en se fracassant sur la casemate voisine.
Retournant à la brèche je la minais une nouvelle fois (la troisième, je crois bien). J’alternais charge anti-tank et anti-personnelle.
Il y a quelques trucs amusant que m’ont appris les sapeurs de la RNC. Prenez des assiettes creuses et enterrez-les parties bombées vers la surface. Les démineurs les prendrons pour des mines non-métalliques (et qui ne font pas réagir leurs détecteurs). Dès qu’ils découvriront le pot au rose, ils diront qu’il n’y a pas de danger. Ce n’est pas si vrai que ça si vous avez rajouté quelques vraies mines au milieu des fausses.
Remarquons que la Légion démine souvent en faisant passer des prisonniers… voir ses propres soldats sur les zones dangereuses. Ils sont inhumains. Mais ils se méfient bien plus pour les tanks. Aussi voilà un petit truc « sympathique ». Lorsque vous posez des mines antichars, commencez par mettre une mine anti-personnelle, puis rajouter votre mine dessus, en faisant bien attention de ne pas déclencher la première que vous avez placée. Lorsqu’un démineur viendra ôter la mine antichar, il sautera avec elle…
Ce qui est dommage c’est que lors de la troisième attaque (pour moi, la quatrième en fait puisqu’ils ont attaqué une fois avant mon arrivée), je n’ai détruit qu’un seul char avec ces mines. Ces engins sont trop résistants… et les mines de la RNC vraiment pathétiques. L’attaque réussit une fois encore à nous chasser de quelques bunkers. Mais leurs pertes ont été trop lourdes et ils n’avançaient plus. Les combats continuèrent encore pour reprendre les fortifications.
Au soir, Caesar n’était pas passé.
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malhuin
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Pahranagat Valley

Lors de la découverte du barrage Hoover, la NCR avait lancé deux projets. Le premier et le plus connu fut de se servir du Colorado pour faire tourner le barrage et produire de l’électricité. Mais l’eau du lac de retenu eut une autre utilisation. La NCR avait envoyé de nombreux colons dans le Mojave. Une partie d’entre eux s’étaient installés à Pahranagat Valley, devenue un immense projet agricole au nord de Vegas. Financé par la RNC et é du travail de colons de la RNC c’était une vitrine de la Californie dans le Mojave. Le projet aurait pu à terme nourrir la Mojave entier et autoriser une véritable colonisation de la région.
Toutefois, un an avant mon arrivé à Vegas, la Légion avait attaqué la vallée pour nourrir ses troupes. S’en était suivi des mois et des mois de combats acharnés. A présent, le deuxième régiment d’infanterie de l’ANC se trouvait au bord de la rupture suite à une succession de décision stupides et de défaites militaires. La moitié de la vallée était tombé et ses centres vitaux menacés.
On m’a alors envoyé sur place, en espérant que je puisse inverser la tendance !
J’arrivais en vertiptère sur le champ de bataille c’était immense… des fermes à perte de vue, des usines de transformation agricole et tout un système d’irrigation qui puisait l’eau dans le lac Mead.
Une fois arrivée au sol, je n’eu guère de peine à comprendre pourquoi la situation était si mauvaise. Les troupes de la RNC étaient dispersées et mal commandées. Elles essayaient de défendre un périmètre trop vaste face à des troupes plus mobiles qui frappaient et se repliaient en cas de contre-attaque. Les légionnaires de Caesar grignotaient continuellement les défenses dans une guérilla sans fin.
L’incapacité du QG local à comprendre la situation me sidéra. L’équipe du colonel Clark s’activait autour d’une large carte de la région, déplaçant des pions colorés et organisait offensives et contre-offensives par le biais d’ordres radios. Mais la situation sur le terrain était si fluide que le temps que les ordres soient appliqués, qu’une troupe quitte sa position, se mette en route puis se mette en ordre de bataille pour attaquer la position visée… il n’y avait plus rien.
Sur le terrain c’était un chaos sans nom. Les unités se croisaient sur les routes, les carrefours étaient embouteillés. Des sections entières tournaient en rond au rythme des ordres et des contre-ordres, s’épuisant en vain. L’artillerie de la Légion, installé dans les montagnes s’en donnaient à cœur joie, bombardant les formations immobilisées sur les routes et les écrasant sous une pluie d’obus.
Des coups de mains et des attaques blindés se succédaient un vaste arc de cercle, frappant les avant-postes, exterminant les patrouilles. Je fus témoin d’une de ces attaques. Les Légionnaires ne paraissaient pas plus nombreux que ceux qu’ils attaquaient mais ils agissaient professionnellement, visiblement rodés par de nombreux combats. Quand aux Californiens, ils recevaient, par la radio, des ordres absurdes que les officiers sur le terrain tentaient de mettre servilement en pratique. Les renforts de la RNC arrivaient par petits paquets et étaient immédiatement engagés. Les blindés isolés sans soutient d’infanterie, l’infanterie sans soutient de blindés… l’artillerie était invisible. Quand aux vertiptères de la RNC, ils ne faisaient pas long feu, rapidement abattu par une solide DCA ennemie.
Les attaques de la Légion étaient le fait de petits groupes admirablement coordonnés. Les vertiptères ennemis ne se risquaient pratiquement jamais dans les zones où la DCA californienne était encore dense, mais lançaient des raids sur les convois. Leur artillerie battait tout le champ de bataille, d’est en ouest, semant la confusion ou se concentrant sur des positions retranchées californiennes. Tandis que de petites forces frappaient en de multiples endroits, semant l’effroi et encombrant le réseau radio de multiples demandes d’aides d’officiers paniqués, des forces plus conséquentes réduisaient systématiquement les positions avancées du 2ème régiment d’infanterie.
L’ennemi lançait des pointes blindées pour couper les routes, puis les transports de troupes relâchaient des fantassins portaient qui encerclaient un avant-poste qu’il réduisait par une attaque concentrique.
J’arrivais rapidement à la conclusion que la bataille était déjà perdue. Les soldats de la RNC ressemblaient à des fourmilles affolées tournant en rond dans leurs fourmilières éventrées. Ils avaient perdu confiance et ne cherchaient plus qu’à fuir. Le QG local ne commandait plus que des pions sur une carte sans s’apercevoir que les unités qu’ils représentaient n’étaient plus de véritables forces combattantes.
La seule stratégie qui pouvait préserver du pire était un repli de toutes les troupes hors de la vallée et inverser la situation, en attaquant à son tour des positions ennemies dispersées. Mais le colonel ne m’a pas écouté. Il a appelé des renforts pour « rétablir la situation », sans comprendre qu’il sacrifiait juste d’avantages d’hommes. Il est des situations tactiques si défavorables, que la seule action valable et de se replier. C’était le cas à Pahranagat Valley.
Je suis retourné à Vegas pour parler à l’ambassadeur Crocker. Il a bien voulu me croire, il a appelé ses supérieurs, discuté… mais en vain. Il était politiquement inconcevable d’abandonner Pahranagat Valley sans combattre…
Une semaine plus tard, la vallée tombait. La dernière offensive de la légion avait coûté plus de cinq cent hommes à la RNC. Quand au colonel Clark, il avait évacué l’avant-veille… laissant ses soldats se débrouillé tout seul… ce qui n’avait rien changé à la situation. Lorsque je demandais à l’ambassadeur Crocker ce qui allait advenir de Clark, il a haussé les épaules. Le colonel n’avait eu qu’une légère sanction, sa famille de riches propriétaires de brahmines ayant fait pression. Il restait à la tête de ce qui restait du deuxième régiment… qui est renvoyé à l’arrière pour être reformé. A cause de la pénurie de troupes (et d’armes, et d’armures… et d’officiers compétents) à laquelle la RNC faisait face, aucune nouvelle unité ne fut envoyée pour couvrir le flanc nord de New Vegas.
La situation était potentiellement catastrophique mais il restait une dernière lueur d’espoir. La petite ville de Baskerville, à mi-chemin de Zion et du lac Mead était encore aux mains d’une garnison RNC importante et – pour une fois- correctement commandée. Deuxième miracle, la route entre New Vegas et Baskerville était toujours ouverte !
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Re: Nouvelle sur New Vegas [spoil]

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malhuin
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L’énergique défense de Baskerville.

Lorsqu’un soldat ordinaire réponds à la question : « Pourquoi la RNC est venue dans le Mojave ? » il se fige un instant, paraît réfléchir… ne trouve rien à dire… et ses yeux se posent sur les murs (sales) de son casernement, invariablement décoré d’affiches de propagandes. Si le premier pense-bête qu’il trouve montre un soldat de la RNC avec la sentence « He bring you democracy », il va alors ânonner : « Nous-sommes-là-pour-vous-amener-la-démocratie ». La réponse varie bien sûr selon l’affiche de propagande qu’il aura sous les yeux…
Maintenant regardez où se concentrent les garnisons dans le Mojave… la plus grande est celle du barrage Hoover. La zone est inhabitée, aux limites du territoire de la Légion, mais presque un soldat sur trois dans le sud Mojave se trouve stationné dans un rayon de 20 km autour du barrage.
Le barrage produit 85% de l’énergie exporté par le Mojave en Californie.

Vous allez me dire, quel est le rapport avec le précédent article où je parlais de la résistance héroïque de la garnison de Baskerville à plusieurs semaines d’attaques de la Légion ? Et bien Baskerville possède elle aussi une forte garnison (qui nous a beaucoup manqué à Pahranngat Valley) et… oh… mais quelle COÏNCIDENCE, elle possède une centrale énergétique. Une bonne vieille centrale thermique qui produit 5 % de l’énergie exportable du Mojave… énergie entièrement consommée par les industries de Californie.
Lorsque j’arrive par le convoi de renfort, la situation est la suivante. La ville est presque entièrement encerclée. La route de New Vegas reste cependant ouvert grâce au combat continuel des postes de garde régulièrement répartis sur la vieille voie d’asphalte déchiquetée par le temps.
Encore une fois, le sens tactique du chef local me fit pousser des trilles d’admiration. Alors que nous n’étions plus qu’à quelques kilomètres de la centrale thermique, un contrordre nous obligea à rebrousser chemin… vous avez déjà essayé de faire faire demi-tour à un camion ? Non… essayez avec une COLONNE de camions ! Pendant toute cette manœuvre nous avons bloqué la route à des transports de troupes et des tanks qui – eux- n’auraient pas eu à faire demi-tour et qui se sont trouvés bloqués. Et pendant ce temps, à la radio… une voix anonyme suppliait qu’on lui envoie des renforts, décrivant la mort de ses hommes massacrés par une force supérieure en nombre.
Il faut maintenant que j’avoue ma propre erreur. J’ai pris le commandement d’un tank et l’ai fait sortir de la route, furieuse du crétinisme ambiant et bien décidée à contre-attaquer toute seule si le fallait… Je me suis pris pour Mulan… Résultat, je sors de la route, parcourt vingt mètres et embourbe le char dans une rivière de boue. Impossible de faire avancer la machine. Il faudra appeler une dépanneuse de tank ! J’ignorais complètement que le terrain à l’extérieur des routes était impraticable pour les véhicules.
Je continuais à pied. L’ennemi attaquait en masse. Je me retranchais dans un des bunkers flanquant la route. Avec l’aide de la petite garnison, nous avons repoussé les vagues habituelles d’ennemis fanatisés. Je tuais plusieurs ennemis au fusil d’assaut avant que la Légion se replie.
A la radio, nous entendions partout des appels à l’aide. Une nouvelle fois, la RNC avait perdue toute cohésion. Les troupes se retranchaient où elles pouvaient, combattaient souvent courageusement mais comme des cadets…
C’est alors qu’est tombée la meilleure nouvelle de la bataille : la centrale énergétique avait été prise par l’ennemi ! Enfin, en soi c’était une mauvaise nouvelle, une très mauvaise nouvelle même… mais le colonel Pier était mort en défendant « courageusement »… le placard dans lequel il s’était planqué.
Aussitôt, une voix ferme s’est élevée sur les ondes. « Je suis le major Antony du VIème corps indépendant des blindés, à moins qu’un supérieur hiérarchique ne se fasse connaître, je prends le commandement ».
Notre problème principal était que l’ennemi avait coupé la route du sud. Nous étions à présent encerclées. Il fut décidé de contre-attaquer en masse pour briser le cercle de fer qui broyait les troupes NCR qui combattaient encore.
Une ruée de blindés… projetés dans la blitzkrieg, je participais aux côtés des chars du major Antony à un rude combat dans la poussière jaune qui enveloppait tanks et hommes. L’avantage fut d’abord pour nous, mais la Légion se retrancha dans l’avant-poste conquis et retourna contre nous ses défenses. L’affrontement fut pénible, mais nous réussîmes à reprendre la position.
Antony me connaissait de réputation et décida de m’envoyer seule dans la centrale pendant que ses tanks contre-attaquaient pour dégager un avant-poste à l’est de la ville. Il espérait que dans la fureur des combats, je puisse entrer sans me faire remarquer et éliminer les Légionnaires se trouvant sur place.
En fait cela se passa sans difficulté. Les hommes présents sur place moururent souvent juste après m’avoir vue ; D’autres paniquèrent « le démon au cœur tendre »… c’est ainsi que j’appris quel était le surnom que la Légion me donnait. La centrale libérée, je couru dans les rues jusqu’à la position ouest, à l’entrée de la ville. Le fortin avait été investi par la Légion. Mais ses défenses étaient tournées vers l’extérieur. Mon fusil d’assaut cracha fauchant les Légionnaires qui se trouvaient à l’extérieur… je jetais une grenade dans le bunker principal… puis j’achevais les hommes titubants qui sortaient.
Caesar avait réduit l’univers à cette simple équation : « eux ou nous ». Je préférais que ce soit eux ! Tuer n’est pas facile… j’ai appris à tirer à l’âge de 8 ans. Et j’ai tué mon premier homme à 19 ans… J’en ai 24 maintenant, dont plusieurs mois de guerre. On ne dort pas très bien, je vous assure. Pour pouvoir tuer aussi facilement, j’ « oublie » que ceux d’en face sont des hommes. En fait, ça ne marche pas très bien… mais en me rappelant les croix… les crucifiés, j’y arrive. La nuit, j’ai des cauchemars… Thucydide, dans son Histoire de la guerre du Péloponnèse, raconte qu’il faut bien plus longtemps pour former un Hoplite qu’un Peltaste ou un frondeur… la vraie raison est qu’il est très difficile de tuer un homme de près… On ne peut plus se mentir, on est obligé d’accepter que l’on a tué un homme.
Après avoir quitté le poste que j’avais nettoyé, je fus pris pour cible par un transport de troupes… je n’aurais pas fait long feu sans l’intervention de deux tanks qui le firent exploser. Dans le ciel passa un couple de vertiptère de la RNC. La bataille semblait à présent tourner en notre faveur.
Attirée par une fusillade nourrie, j’arrivais au milieu de soldats de la RNC qui encerclaient un casernement de soldats. Les Légionnaires en retraites s’y accrochaient désespérément. C’est une chose d’attaquer par surprise quand on l’avantage du terrain… Mais même épaulée par de nombreux soldats de la RNC, je faisais à présent face à une défense bien organisée. Ils repoussaient nos attaques, contre-attaquaient, et prirent même un de nos postes d’observation sur une colline.
Je courrais d’un point à un autre, tandis que les armes les plus puissantes éventraient la vallée la vallée désertique. Finalement, nous avons réussi à les chasser de cette position, puis à reprendre l’avant-poste.
Après plusieurs heures de batailles dans et autour de la ville, les légionnaires ont fait retraite. J’étais surprise… habituée à les voir attaquer jusqu’aux derniers hommes, je ne m’imaginais pas les voir renoncer. Mon autre surprise fut du nombre étonnamment faible des pertes de la RNC. Des compagnies considérées comme détruite se révélaient finalement n’avoir été que dispersés. Les hommes s’étaient réfugiés dans des bâtiments, ou dans les collines. Certains s’étaient enfuis d’autres s’étaient cachés… mais au final les seules pertes étaient dans les avant-postes pris d’assauts et les contre-attaques.
La légion s’en était beaucoup moins bien sortie. Les corps retrouvés un peu partout étaient surtout ceux de simples recrues… des adolescents de 15 à 17 ans… armés de fusils de chasses, de revolvers et de machettes… envoyés en vagues sacrifiées pour attaquer les blockhaus. Nous n’avions pas affronté une cohorte d’élite.
Je pense, qu’à force d’essuyer des pertes lourdes, et à force de se disperser entre de trop nombreux objectifs, la Légion commençait à s’épuiser.
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Diverses petites choses

Pour l’article du jour, pas de grandes batailles, mais de la vie ordinaire… du moins ordinaire pour moi. Vu que je passe mon temps à réinventer la roue ou à courir d’un bout à l’autre du Mojave pour rencontrer des gens échangé des objets, et négocier… je négocie énormément entre plein de parties. Récemment, j’ai croisé un groupe de personnes venus me remercier de les avoir aidés. Ils ont dû me trouver extrêmement réservée… je ne répondais que quelques mots… j’avais beau me creuser la tête, je n’arrivais pas à me rappeler d’eux. J’ai de plus en plus l’impression de revivre éternellement le même jour. Les visages, les lieux, les missions se confondent mon passé devient de plus en plus lointain, j’ai l’impression de marcher depuis des siècles au milieu d’un désert jaune-rouge.
Je suis retournée à Freeside. Mon problème est de trouver une source d’approvisionnement continue en médicament pour les disciples de l’Apocalypse.
Au cours de mes recherches, j’ai conclut un contrat d’arme entre l’Omerta et Mick (de Mick & Ralph, le magasin de Freeside). En remerciement, Mick m’a offert un pib-boy 3 millions, la version luxe du célèbre ordinateur de poignet. A lors que je me trouvais à négocier, j’ai entendu à la radio monsieur New Vegas lancer le flash d’information du jour. J’ai appris que la société du Gant Blanc et Gunderson avaient fini par trouver un accord pour l’importation de viandes de brahmines. Les prix de la viande vont enfin baisser et améliorer l’alimentation des classes pauvres… enfin de ceux qui n’en sont pas réduits à tendre la main. Ralph m’a aussi appris que Bill Bronte avait réparé la pompe à eau… comme c’est moi qui ait guéris le vieux technicien de ses problèmes de drogue, je suis ressortie plutôt contente de moi.
Oui, je sais, le contrat que j’ai signé est histoire de ventes d’armes et d’armes destinés à l’Omerta. Je ne suis pas en train de demander une auréole. Je ne suis pas une idiote, et je sais bien que fournir des armes à des mafiosis n’est pas la plus belle chose à faire. Mais venez à Freeside et regardez les gens en haillons, les enfants qui poursuivent les rats pour avoir à manger. Un contrat, même d’arme, entre le strip et Freeside est une aubaine… et à plusieurs niveaux (réfléchissez aux implications). Et ce n’est pas comme si refuser le contrat avec l’Omerta aurait réellement empêché Cachino de trouver des armes.
Mine de rien, depuis mon arrivée à Freeside, la situation s’est améliorée et l’accueil des locaux fait toujours chaud au cœur (à l’exception de certains junkies qui continuent à m’attaquer). J’ai obtenue de la RNC des distributions gratuites de vivres pour les plus pauvres, la criminalité et le chômage sont en baisse, le nombre de drogués aussi.
Je suis ensuite allée à l’Atomic Wrangler. Julie Farkas m’avait dépeint le lieu de manière sinistre, mais elle m’avait aussi dit que les propriétaires possédaient des alambics et des distillateurs pour fabriquer drogues et alcool. Je leur aie proposé de produire des médicaments pour les Disciples… Je n’en attendais pas grand-chose, mais en fait ils ont été immédiatement d’accord pour produire du Med-X et les composants de base du Fixer. En échange, ils ont demandé une aide pour améliorer leurs alambics ainsi que la fourniture d’alcool pur. En fait, les tenanciers du lieu, semblent désireux de voir baisser la criminalité qui nuit au tourisme et effraie les clients.
Je suis retournée près de Julie Farkas. Cette dernière a accepté le marché. Je suis heureuse que les choses tournent ainsi. Mon plan B consistait à demander l’aide de la Crimson Caravan… mais je me méfie de leur méthode, en plus ce sont des ressortissants de la RNC et je préfère limiter le plus possible leur influence dans New Vegas. J’ai promis à Ulysse de réparer le gâchis de la Ligne de Séparation. Pour cela, il faut que je protège l’indépendance de New Vegas, pour qu’elle ne tombe ni aux mains de l’Ours, ni dans celles du Taureau.
Je suis retournée dormir au Lucky 38.
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Pendant la nuit, mes rêves ont continué à tourner autour de la Crimson Caravan. Je crois que mon inconscient me signale que j’ai négligé quelque chose à propos d’eux… Réveillée, je suis restée un long moment à réfléchir, puis je me suis habillée pour me rendre sur place. J’ai discuté avec leur manager. Cette femme m’a demandé de proposer un contrat de rachat à une certaine Cass Cassidy pour le rachat de la Cassidy Caravan. Je suis arrivée au soir à l’avant-poste de Mojave juste pour discuter avec une alcolo qui avait tout perdu sauf la possession nominale de la Cassidy Caravan… ses membres étant morts, attaqués par un raid…
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J’ai longuement discutée avec elle, finalement Cass a accepté de me vendre la Cassidy Caravan. Plutôt que de la laisser boire l’argent qu’elle venait de gagner jusqu’à la dernière goutte, je lui ai proposé de me suivre.
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Le lendemain, je suis retournée à la Crimson Caravan pour leur ramener le contrat. Après quelques autres missions de courriers, j’ai reçu une mission de confiance : détruire la presse à emboutir les capsules de l’usine Sunset Sasparilla. Certains s’en sont récemment servis pour fabriquer de nouvelles capsules. Comme les capsules sont la monnaie du Mojave, cela revient à faire du faux monnayage. Plus le monde change, plus c’est la même chose…
Je me suis mordue la langue lorsque le manager de la Crimson Caravann m’a demandé de m’occuper de ça. Pour un peu je lui aurais révélé que ces mois qui est détruits les robots de gardes en cherchant la vérité derrière le conte bleu du « trésor des capsules étoiles bleues de Sunset Sasparilla ». J’ai fouillé l’usine il y a quelques semaines sans rien trouver… enfin presque rien… mais après mon passage n’importe qui pouvait entrer. Que disait encore Ulysse à propos de ma curiosité ?
J’ai vraiment l’impression de déclencher catastrophe sur catastrophe.
Le voyage allé n’a pas donné lieu à quoi que ce soit de bien exaltant. Mais au retour, les Toxs m’ont attaquée. Ils doivent vraiment avoir envie que je fasse d’eux une espèce en voie de disparition.
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Révélation (2)
(Cet épisode à demandé l’utilisation du mod : Chryslus Corvega, post-nuclear édition)

J’ai été de nouveau convoquée par l’ambassadeur Crocker, il voulait savoir où j’en étais de mon enquête sur le révérend Montrainer. En fait, j’avais complètement oublié cette histoire et j’étais agacée de la convocation. Pour une fois, j’ai osé dire mon fait ! En substance, j’ai rappelé à l’ambassadeur que j’allais d’un incendie à l’autre depuis des mois, que je risquais ma vie et que je recevais de temps à autre (même pas à chaque mission) un pourboire de deux ou trois cent capsules. Je suis peut-être gentille, mais je ne suis pas idiote au point de ne pas me rendre compte que je travaille à perte. Tous les services auquel j’ai accès dans les casernes et les bases de la RNC sont payants. « Marque de confiance » de la RNC ou pas, je risque ma vie pour le prix d’un 9mm d’occasion, ou quelques boites de cartouches !
Alors Crocker m’a ressorti son couplet sur la gentille RNC qui est « venue dans le Mojave pour apporter la démocratie » et « que ce que je fais pour la RNC profite au Mojave » ou encore « songez que les soldats de la RNC se battent contre les Raiders et la Légion et sans nous vous sereiz sans cesse attaquer ».
Après tout ce que j’ai vu sur le caractère « désintéressé » de la RNC, un tel discours me ferait rire, si cela ne me donnait pas autant envie de pleurer. C’est ce que j’ai sorti à l’ambassadeur.
Gêné, il a quitté ce terrain mouvant pour parler de Montrainer. La « prophétie » du révérend qui a décris la destruction de New Vegas inquiète beaucoup en haut lieu. Il m’a alors avoué que le détective privé assassiné à l’Ultra-luxe et la jeune mariée enlevée étaient tous deux des agents des renseignements de la RNC (chose que je savais déjà). Au départ, Pola Ivanovna, la fausse mariée n’enquêtait pas sur Montrainer, mais sur un homme du nom de Corialone Montaverde. Montaverde est un des principaux industriels de la RNC, il a remis des usines en marche et dirige une des plus grandes compagnies de prospecteurs qui fouillent l’ancienne Silicone Valley. Or depuis quelques mois, les récupérateurs qui exploraient les ruines à la recherche de technologies intactes ont fait l’objet d’attaques de bandes armées, de pillages, et même de destructions criminelles. Montaverde a aussi été attaqué mais sa compagnie a été la moins touché. En conséquence, il est devenu le premier fournisseur de cartes à puces et autres composants électroniques pour l’armée. L’auteur de ces agressions serait un ennemi de la RNC seulement connu sous le surnom de « Renard ».
A l’heure actuelle, la RNC est loin d’avoir retrouvé le niveau technologique de l’Âge d’Or. La microélectronique reste une technique complètement hors de portée des Californiens. Je comprenais bien sûr l’importance que ce Montaverde avais pris avec les récentes attaques, comme les doutes que les Renseignements pouvaient avoir sur lui. Je demandais cependant quel était le rapport avec Montrainer.
Crocker hocha la tête : « L’Eglise de la Révélation du révérend Montrainer est en grande partie financée par des dons d’origine variées. Mais il y a aussi des industriels et des hommes riches. Plusieurs filiales de la « Guncoops », la firme de Montaverde, financent Montrainer. En fait, au travers de différents montages financiers, l’Eglise de Montrainer est financée à hauteur de 40% par Montaverde.
C’est vrai que tout ça paraît assez inquiétant. J’ai accepté de me rendre à San Francisco pour reprendre l’enquête de Pola Ivanovna. Crocker m’a confié le dossier qu’elle avait constitué. L’agent n’avait qu’un seul allié en ville, un journaliste du nom de John William Legolf.
Mais pour me rendre sur place il m’a fallu trouver un moyen de transport. Et les voitures en état de marche ça ne court pas les rues deux siècles après une guerre nucléaire. Pour en trouver une, il m’a fallu suivre un véritable jeu de piste. Je suis allé à Goodspring parler à un certain Richmond, qui avait entendu une rumeur d’une certaine Ava Montgomery à Primm. Mongomery ne connaissait elle aussi qu’une rumeur etc…
J’ai ainsi marché pendant trois jours sous un soleil de plomb, la tête envahie par l’image obsédante de bouteille d’eau glacée, de rivières… et même de flaques d’eau. Il m’a fallu me débarrasser de scorpions géants et de raiders. Finalement, le troisième jour j’atteignais l’ancienne station service d’El Dorado, transformée en forteresse. L’habitant des lieux, le vieux Skeeter réparait effectivement une vieille Chryslus Corvega à propulsion nucléaire. Seulement, il lui manquait des pièces… et c’est reparti pour un nouveau jeu de pistes.
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Skeeter
Entre-temps Cass a perdu un peu de sa réserve et m’a raconté comment sa caravane avait disparu. Elle m’a demandé si on pouvait faire un détour pour aller voir sur place. J’ai accepté, et on a découverts un véritable charnier. Les corps gisaient là depuis plusieurs semaines. Le vent et les charognards avaient dépouillés les os. Mais le plus étranges c’est qu’ils n’avaient pas été tués par balles. Le sol portait encore la marque de laser et d’armes à plasma. Pas vraiment la signature des bandits du coin. Je parie sur les Toxs, ils adorent les armes à énergie et ils adorent tuer. D’autant plus, que quelques uns de ces raiders psychotiques nous sont tombés dessus quelques centaines de mètres plus loin.
En s’arrêtant au comptoir 188, j’ai discuté avec les marchands. Ils m’ont racontés que les attaques s’étaient multipliées depuis quelques mois. Ils nous ont indiqués un second site d’embuscade plus récent. En regardant les corps, j’ai pu reconstituer le déroulement de l’attaque. Les assaillants ont procédé avec une rigueur militaire. Les Toxs sont des cinglés… ils foncent dans le tas camés à mort et en hurlant des injures… Ils sont bien incapables de lancer un assaut coordonné. Alors qui ? Seule l’Enclave et la Confrérie de l’Acier peuvent attaquer ainsi avec des armes à énergie.
J’ai continué jusqu’à New Vegas pour acheter de nouvelles pièces pour la Corvega.
Image
Les routes sont toujours aussi bien fréquentées !
J’en ai profité pour questionner les marchands. Ils m’ont appris où trouver une autre caravane attaquée et là c’était récent. Arrivé sur place (le lendemain… marcher ça prends du temps) j’ai fouillé les lieux et… trouvé le cadavre de deux des attaquants. Le premier était un homme de main des van Graff, un des pires familles criminelles du Mojave, opérant aussi bien à New Reno qu’à New Vegas. Ils vendent des armes à énergie. Le second était un garde de la Crimson Caravann. Les deux groupes semblent s’être alliés pour éliminer la concurrence. Le plus grave dans cette histoire est que l’on peut considérer la Crimson Caravan comme une émanation de la République Californienne. Elle est inattaquable !
Enfin, on va laisser ça pour le moment. J’ai continué à collecter des objets divers, pendant mes déplacements. Et finalement j’ai fini par rassembler tout ce dont j’avais besoin. Je me suis arrêtée une nouvelle fois au comptoir 188, et là j’ai discuté avec une vendeuse d’arme, un vétéran de la RNC. Elle m’a raconté que la guerre tournait mal (sans blague !). Mais mon ironie est tombée à plat. La jeune femme ne parlait pas du déroulement des combats mais d’argent et de potentiel humain. En fait la RNC n’est pas assez riche pour continuer longtemps le conflit, du moins tout soutenant New Vegas et en perdant des fortunes dans les casinos. La population n’est pas non plus assez nombreuse pour se permettre très longtemps de perdre autant de monde contre un pays cinq fois plus étendu.
J’avoue que je n’y avais jamais pensé, mais la vendeuse d’arme a raison. Je m’étonnais que Caesar n’ait toujours pas lancé sa grande offensive sur le barrage Hoover. Cela fait des mois que tout le monde attend. En fait, ce serait la pire chose à faire pour lui ! Sun Tsu l’a dit il y a près 2 500 ans. La plus grande victoire, c’est la bataille qu’on ne livre pas. Pourquoi Caesar attaquerait ? Le simple fait de masser des troupes devant Hoover Dam oblige la RNC à faire pareil. Il lui suffit d’attendre que la RNC se ruine ou n’ait plus assez d’hommes pour se défendre. Caesar dans sa tente doit sourire à l’heure qu’il est. Toutes les cartes qu’il a en main lui assurent la victoire… il connait aussi le jeu de la RNC. Ce qu’il ignore c’est que j’ai récupéré le jeu de House, et qu’il avait triché pour se réserver les meilleures cartes.
En chemin pour regagner El Dorado, j’ai discuté des derniers évènements avec Cass. C’est vrai que la situation est pathétique. La RNC semble vouée perdre, mais la jeune femme a beau être californienne, elle ne pleure pas. Son père était un de ces marchands de caravane qui partait vers l’est pour faire fortune. Un jour il n’est pas revenu. Tout ce qu’elle a hérité de lui, c’est sa caravane indépendante. Maintenant anéantie par la force conjointe des riches de Californie et des truands du Mojave. Sa mère était une femme des tribus, des nomades qui vivaient en paix et avaient une spiritualité élevée. Et puis la RNC a décidé de « civiliser » les nomades. De force bien sûr et dans « leur intérêt » bien sûr. Ulysse, Cass, Caesar, Montrainer… je les ai tous écouté parler de la République de Nouvelle Californie. A présent elle m’écœure profondément.
La RNC est une pâle copie des USA d’avant guerre, elle a hérité de tous ses défauts : capitaliste, matérialiste, colonisatrice, sûre de sa supériorité et de représenter à la fois l’œuvre de Dieu et le progrès. Une guerre nucléaire, deux cent ans de ténèbres… et qu’est-ce qui sort de terre, au final ? Une parodie de ce qui a été fait avant et qui a conduit à l’anéantissement. Oui je sais, c’est exactement les mots de Caesar. L’ironie, c’est qu’il ne se rend même pas compte que ressusciter la Rome Antique ou les USA c’est pareil. Il aurait dû lire « Grandeur et décadence des Romains » par Montesquieu. Il saurait ce par quoi son œuvre sera détruite. Ce n’est pas en refaisant ce qui a déjà échoué que l’on crée un monde nouveau.
Je crois que c’est ça le plus horrible. Au final on pourrait planter un panneau avec écris en gros : « Morts pour rien »au milieu des ruines de chaque ville détruite par la Grande Guerre. Même après une leçon de cette ampleur, l’humanité n’a rien appris. C’est profondément désespérant !
J’ai ramené les pièces de voitures à Skeeter. Il lui faudra un long moment pour terminer les réparations de la Chryslus Corvega. Entre-temps, on a été attaqué par un raider qui avait visiblement lu de la philosophie.
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Il voulait la Corvega parce que la vitesse était la clé de l’expansion ou du pouvoir. Je ne sais pas qui il citait, ça ressemblait à du Nietzche. Enfin, Cass et moi avons tué ses hommes et il parti se terrer ailleurs. Je l'ai épargné... ça ne lui a pas plu !
Laissons Skeeter s’occuper de la réparation. De plus le colonel Hsu m’a appelé, il a encore besoin d’aide… je vais mourir de fatigue…
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L'honneur n'est qu'un bien personnel, le plus précieux, certes. Mais l'honneur n'est pas une qualité pour l'exercice de cet art délicat qu'est la guerre.
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