Salut à toi sacré foutu sac d'os, raclure infâme des chiottes de l'Enfer !... Je ne verserai pas une larme, ni ne m'apitoierai ... Car je suis sûr que tu ne vas pas disparaître de sitôt espèce de vermine rongée par les asticots !... Tu ne te passeras pas de la Confrérie comme ça ! Pas avant une longue période de sevrage tout du moins ...
Je te souhaite néanmoins (enfin ... nez en moins, et pas mal d'autres choses en moins ... vu ton indice de masse corporelle !...) plein de bonnes choses et plein d'amour !... L'amour et la mort, c'est une bien vieille histoire ...
"Regardez-les passer, ces couples éphémères !
Dans les bras l'un de l'autre enlacés un moment,
Tous, avant de mêler à jamais leurs poussières,
Font le même serment :
Toujours ! Un mot hardi que les cieux qui vieillissent
Avec étonnement entendent prononcer,
Et qu'osent répéter des lèvres qui pâlissent
Et qui vont se glacer.
Vous qui vivez si peu, pourquoi cette promesse
Qu'un élan d'espérance arrache à votre coeur,
Vain défi qu'au néant vous jetez, dans l'ivresse
D'un instant de bonheur ?
Amants, autour de vous une voix inflexible
Crie à tout ce qui naît : "Aime et meurs ici-bas ! "
La mort est implacable et le ciel insensible ;
Vous n'échapperez pas.
Eh bien ! puisqu'il le faut, sans trouble et sans murmure,
Forts de ce même amour dont vous vous enivrez
Et perdus dans le sein de l'immense Nature,
Aimez donc, et mourez !"
(Passage d'un poème de Louise Ackermann)